L’A400M sera le prochain avion de transport militaire européen. Un appareil aux capacités à la fois tactiques et stratégiques, dont la polyvalence ne pourrait pas être aussi complète sans le système d’atterrissage signé Messier-Dowty. Trois questions à Joël Berkoukchi, vice président business unit Airbus de Messier-Dowty.
Quelles sont les particularités du programme A400M pour Messier-Dowty ?
L’avionneur a voulu confier à un fournisseur unique la réalisation complète du système d’atterrissage. Messier-Dowty gère donc la conception, le développement la fabrication et l’intégration de ce système, tout en coordonnant le travail des différents partenaires européens. Du point de vue technique, le train d’atterrissage de l’A400M offrira des performances très poussées pour garantir une grande fiabilité à l’avion, malgré des conditions d’emploi qui pourront être très difficiles. J’évoque là des opérations à partir de terrains non préparés à l’autre bout du monde. Une panne dans ces conditions serait synonyme non pas de retard comme pour un avion commercial, mais plutôt de mission ratée.
Ce travail de fournisseur et d’intégrateur d’un système complet est-il nouveau pour Messier-Dowty ?
C’est un travail que nous avons déjà réalisé pour des programmes d’avions d’affaires. Mais avec l’A400M, nous touchons à un niveau de complexité très supérieur. Les performances qui sont demandées au système d’atterrissage sont beaucoup plus ambitieuses, avec notamment les fonctions de baraquage (abaissement) et rehaussement du train principal, pour faire varier la hauteur et l’inclinaison du plancher de la soute. D’une manière générale, le marché évolue vers ce type de demande où le fournisseur endosse une large responsabilité. Il est important pour Messier-Dowty de montrer que c’est une tâche qui est pleinement à sa portée…
A quelle étape du programme en est-on aujourd’hui ?
Nous venons de terminer la phase de revue de conception, au cours de laquelle nous avons défini précisément l’ensemble des spécifications du train. Nous sommes entrés depuis un peu plus de deux semaines dans la phase suivante, qui va durer de huit à neuf mois, au cours de laquelle nous allons dessiner très précisément tous les éléments des atterrisseurs. L’ensemble de ce développement se fait en partenariat avec Messier-Bugatti qui fournit plusieurs sous-systèmes, comme l’asservissement du train avant, les commandes d’extension et de rétraction, etc. L’étape suivante, la revue critique, permettra de valider tout ce travail avant de passer à l’industrialisation. Le premier train destiné au prototype de l’A400M doit être livré fin 2006.
|