La société belge du Groupe SAFRAN participe au programme de moteur GEnx de General Electric. Ce moteur de nouvelle génération propulsera les Boeing 787 et les Airbus A350, et probablement les Boeing 747 Advanced. Un nouveau contrat signé entre les deux partenaires à l’occasion du salon du Bourget étend la participation de Techspace Aero à près de 5%. Trois questions à Jérome Morhet, chef de programme GEnx chez Techspace Aero.
Quelle est la place exacte de Techspace Aero dans le programme GEnx ?
Un premier accord signé le 29 mars 2005 nous a donné la responsabilité de la conception et de la fabrication des redresseurs du compresseur basse pression. Ceci équivalait à une participation de 2,5% dans le programme. C’est l’occasion de rappeler que nous sommes aujourd’hui un pôle d’excellence en matière de compresseur basse pression au sein du Groupe SAFRAN. Nous sommes présents sur tous les programmes récents auxquels participe ou que mène GE, depuis le CFM56 jusqu’au GEnx, en passant par le CF34-10 et le GP7200. A l’occasion du salon du Bourget, nous avons signé un avenant à ce contrat de partenariat. Notre part comprendra désormais l’assemblage du module du compresseur BP et la conception et la fabrication des aubes statoriques du compresseur. Des discussions sont en cours de finalisation pour la production du disk fan. Ces différents élargissements porteraient notre participation à près de 5% du moteur. Nous sommes également présents dans la réalisation des équipements d’essais, capotages et manche d’entrée d’air.
Comment vous organisez-vous pour ce programme et quel va être son impact sur l’activité de Techspace Aero ?
L’équipe de développement comprend aujourd’hui une quarantaine de personnes, mais elle va s’étoffer très rapidement dans les mois à venir pendant la phase de montage et d’industrialisation. La production devrait apporter à Techspace Aero environ 100 000 heures de travail par an, avec une production étalée sur une vingtaine d’années entre 2008 et 2028. Au-delà, la fabrication de rechanges pour le disque fan devrait prendre le relais en production. Nous sommes maintenant à mi parcours de la phase de développement et d’industrialisation. Les éléments de design sont figés et le lancement de la fabrication des bruts est lancé. Nous commencerons la fabrication des premières pièces à TA en août et, fin novembre, l’assemblage et l’instrumentation des pièces pour le « first engine to test ».
Quelles sont les principaux défis de ce programme ?
Le premier défi est d’ordre calendaire. Nous avons commencé à travailler sur le programme six mois après les autres partenaires. Malgré ce retard, notre compétence unique en matière de compresseur basse pression nous a permis de convaincre General Electric de nous confier une charge de travail importante. Les délais sont aujourd’hui très serrés : nous devons livrer le compresseur basse pression assemblé, instrumenté et équilibré, le 12 janvier 2006, pour une livraison finale du « first engine to test » en mars 2006. Cela ne nous laisse qu’un an pour y arriver. L’autre défi auquel nous sommes confrontés touche à la masse : l’objectif ambitieux fixé par GE est d’être, à puissance équivalente, plus léger de 10% que le moteur GE90.
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