Le 3 juin dernier, la Délégation Générale pour l’Armement (DGA) réceptionnait officiellement le Rafale n°C102, premier monoplace Rafale de l’armée de l’air. Cet appareil, actuellement utilisé par le Centre d’Expériences Aériennes Militaires (CEAM), est présenté depuis lundi au salon du Bourget, sur le stand de Dassault Aviation.
L’armée de l’air monte graduellement en puissance avec le Rafale. L’objectif est de disposer à l’automne 2006 d’un premier escadron d’une vingtaine d’avions opérationnel sur la base de Saint-Dizier.
Qui dit nouvel avion, dit rédaction de consignes d’instructions, d’un manuel d’emploi tactique, mais aussi formation des premiers équipages et mécaniciens. Autant de tâches qui incombent aujourd’hui au CEAM, basé à Mont de Marsan dans les Landes. Pour défricher le terrain de la mise en service, le CEAM dispose aujourd’hui de cinq Rafale, quatre biplace et un monoplace, le C102. Ces appareils servent bien évidemment à entraîner les pilotes, mais aussi les mécaniciens. Ces derniers goûtent, à leur niveau, la révolution apportée par ce nouvel avion. Car le Rafale, équipé des réacteurs M88-2 de Snecma, est aussi le porteur d’un concept de maintenance et de soutien logistique innovant.
Les mécaniciens du CEAM ont commencé à se préparer 18 mois avant que le premier Rafale ne pose ses roues sur la piste de Mont de Marsan. La cellule maintenance comprenait à l’époque 40 personnes. Toutes avaient passé trois semaines sur la base aéronavale de Landivisiau auprès de la flottille 12F pour bénéficier de l’expérience déjà accumulée sur le Rafale M.
Plus besoin de banc moteur
Aujourd’hui familiarisé avec l’avion, l’échelon technique Rafale du CEAM fait face à une mission triple : il appuie l’activité aérienne du CEAM, expérimente les procédures de maintenance qui seront mises en œuvre dans les forces et, en troisième lieu, forme les mécaniciens de Saint-Dizier pour que ceux-ci soient prêts quand arriveront leurs premiers avions.
Parmi les plus grandes surprises qui attendent le mécanicien, on peut citer l’absence de banc moteur : un simple BMR (banc de mise en rotation) suffit pour mettre le M88-2 en ventilation et vérifier son bon fonctionnement après une intervention. Le réacteur est ensuite remonté sur l’avion et ses systèmes sont validés, via le logiciel de maintenance intégré, par le mécanicien installé dans le cockpit. La légèreté des moyens de soutien, la modularité extrême du moteur, tout concourt à faire du soutien technique du M88-2 une opération facilement projetable sur les théâtres d’opération extérieurs.
Autre révolution annoncée, la maintenance intégrée permettra de gérer le vieillissement des moteurs à la carte, en fonction non pas des heures de vol, mais des contraintes réellement endurées au cours des missions (variations de régime, températures et altitude de fonctionnement, etc.). De quoi améliorer encore la disponibilité des matériels qui s’annonce déjà excellente.
Les sociétés du Groupe SAFRAN sur le Rafale :
- Snecma : moteurs M88-2
- Hispano-Suiza : système complet de régulation et transmission de puissance du moteur M88-2, relais d’accessoires de l’avion et arbre d’entraînement flexible.
- Snecma Propulsion Solide : module de la tuyère du M88-2, volets secondaires en composite à matrice céramique (CMC)
- Messier-Dowty : systèmesd’atterrissage
- Messier-Bugatti : roues et freins carbone, système de régulation de freinage, système d’orientation de la roue avant, système de descente et de relevage des trains, génération hydraulique, système de surveillance de température des freins
- Labinal : systèmes de câblages électriques
- Sagem Défense Sécurité : centrale inertielle de navigation, hybridation GPS, OSF (optronique secteur frontal voie infra-rouge), détecteur d’alerte missile SAMIR, viseur de casque Gerfaut, gyromètres pour commandes de vol électriques, préparation de mission, boîtiers d’armement
- Sofrance : filtres du circuit principal hydraulique, du circuit carburant moteur et filtres air avionique
- Technofan : équipements du système de conditionnement d’air
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